samedi 1 mars 2008

Lui et moi


Mon homme et moi ne fonctionnons pas de la même façon. Ça non. Je le vérifie chaque jour... par des exemples du quotidien... par des cassements de tête que je suis la seule à subir pendant que lui se bidonne... par des coups de gueule qu'il pousse alors que je suis d'un calme olympien...
Nos différences font notre force, notre complémentarité. Chacun de nous connait son champ d'action et s'y cantonne... même si nous n'avons pas une vision du couple où la femme doit inévitablement se taper la vaisselle, la serpillère, l'aspiro, le repassage... et lui, la bricole, la perçeuse, la vidange de la voiture, la tondeuse...
Bon, bien sûr, si je mets le nez dans le moteur de la voiture, ça risque de ne pas donner grand chose... à part un air ahuri évident et une perte de temps sans précédent... rien ne sortira de sous le capot... si je vous dis que j'ai déjà crevé et je n'ai pas su changer ma roue... j'ai lâchement pris mon portable et j'ai appelé mon Jenfi au secours... ça vous dit comment je suis douée... honte à moi... je sais...
De son côté, y a des failles aussi... quand Jenfi pense à faire une machine à laver, il peste sur le fait que je place ma lessive bien en haut du placard, inaccessible (tics d'assistante maternelle habituée aux petits enfants curieux...)... en plus je choisis toujours le gros bidon de lessive liquide là, le familial... bien lourd... il se hisse alors sur la pointe des pieds (euh mes étagères sont hautes, on va dire ça) attrape fébrilement le bidon qui choisit de se destabiliser et de glisser de l'étagère direct sur le front de mon homme... un peu sonné, les lunettes fracassées, le pif rougi... ça vous dit comment il est doué aussi... honte à lui... je sais....
Donc on respecte nos compétences mutuelles et on avance dans le quotidien sans trop de soucis... ma foi...
Par exemple, je ne lis jamais une carte géographique, routière ou autre... je n'y pige que dalle, à la direction... je suis née dépourvue de tout sens d'orientation... Jenfi me laisse d'ailleurs partir d'un côté, sans scrupules, quand on sort d'un magasin, le caddy blindé... la voiture est garée à l'opposé mais moi ça ne me pose aucun problème... je suis habituée, je pars sans réfléchir, à l'autre bout... je fais des tours et des détours pour rien... question d'habitude... résignation aussi...
De même, tout ce qui est mentionné "ouverture facile" subit un déchiquetage signé La Véro inimitable... je suis capable de vous ouvrir un emballage de la pire façon qui soit... et de rire devant la petite flèche qui indique le chemin à suivre... une fois que le mal est fait...
Je suis incapable de vous monter un meuble Ikea... je ne cherche même pas à lire la notice... je déclare forfait de suite... avec la même expression sur le visage que celle que j'avais devant mes matrices, le jour de mes partiels de mathématiques... les yeux au plafond, la tête maintenue par ma main nonchalante, à attendre que le temps passe...
C'est comme ça... je suis comme ça... et c'est trop tard pour changer...
Encore faudrait-il que je le veuille... changer...

Jean-Phi a aussi son terrain fragile, son côté Mister Bean... heureusement... j'en aurais un peu marre de me ridiculiser seule... à deux, c'est mieux... ça pimente la vie... et ça laisse des souvenirs... pour les proches.... ou les amis...
Par exemple, Jenfi est fâché avec les péages... aux autoroutes... il gueule systématiquement qu'il est garé derrière le type (non la nana bien sûr!) le plus con de la terre qui n'a pas compris comment ça fonctionne... il arrive à son tour devant le bidule et comme il vient de gesticuler dans tous les sens, brassant de l'air dans la voiture, il est encore énervé... il baisse sa vitre comme un fou et balance son euro comme on jète son chewing gum... l'envoyant sous la bagnolle d'à côté... où un mec nous regarde avec un air soupçonneux vu qu'il se demande qui lui a envoyé un caillou sur sa carrosserie... généralement, il comprend vite, le mec... voyant mon homme ouvrir sa portière, qu'il ne peut écarter suffisamment car il est garé trop près du bidule à pièces... on entend alors un "Véro, sors, j'suis coincé"... et là moi je suis toute toute petite... pour aller ramasser le malheureux euro.. incognito... et je m'excuse auprès du petit monsieur qui n'a rien à sa voiture, qu'il soit sans crainte... mon homme ne sait pas viser... et oui... grave erreur...
Sur le coup ça stresse ce genre de situation, mais après on en rit... bien sûr...
Sinon, on serait fâché avec beaucoup de monde, comprenez...
Mon homme fait beaucoup de fausses routes.... je veux dire quand il avale un truc liquide, des fois, ça passe dans le tuyau qui faut pas, j'sais pas... il s'étouffe à moitié et nous gratifie d'un jet du liquide assez puissant et sonore... pas très romantique... et généralement assez perturbateur quand on est à table... entre nous, c'est pas grave... on y fait plus gaffe... régulièrement il s'étrangle avec son verre d'eau et redécore la nappe... bon... soit...
Mais quand on est chez des amis pour le week-end, très soucieux de faire une belle et bonne table, c'est gênant... sachant que l'ami qui nous reçoit est chef de rang dans un grand restaurant, et s'apprête à aller au boulot, tiré à 4 épingles, la chemise blanche impeccable... qu'il vous dit qu'il a encore cinq minutes avant de partir bosser et propose un petit café, là, sur une petite table, assis en face de mon homme... tout content de lui faire un vrai café bien corcé (cet ami est italien)... que mon chéri prend une gorgée... et commence à avoir les yeux globuleux, le teint rouge vif... là vous craignez le pire pour votre ami tout de blanc vêtu en face... qui part dans deux minutes au boulot... et qui n'a pas d'autre chemise de repassée...
Il l'a fait, mon homme... un vrai geyser... le plus beau de sa carrière...
Nous sommes encore amis avec ce couple, je vous rassure...
J'ai jamais autant ri...
Quoique... si une fois, j'ai même mis cinq minutes à m'en remettre... allez je vous la raconte, une dernière...
Nous étions en Angleterre, chez des amis, à Sheffield. juste nous deux... en amoureux... les filles étaient restées au Havre chez mes parents...
Nous visitions un parc national, très beau, immense... un matin... avant d'aller manger un bon Yorkshire pudding... Notre ami mesure près d'1m8o... il était très heureux de nous faire voir les aménagements du parc, les fleurs, les variétés d'arbres... Jenfi adore la nature... il regardait tout, de son petit mètre soixante, sans jamais baisser les yeux... à un moment il a fallu regarder encore plus haut, je ne sais quoi, mais fallait bien capter son attention... et ne pas oublier de continuer à marcher dans l'allée sans quitter le ciel des yeux... Jenfi était devant avec notre ami... moi derrière avec ma copine... Je ne sais pas ce que Jenfi a eu, là, comme absence, je crois qu'il ne le sait pas lui même, mais il est allé tout droit... alors qu'on tournait un peu... toujours les yeux rivés là-haut... j'ai vu qu'il partait dans le Lac... mais c'est comme quand on sait qu'un truc va tomber et qu'on le regarde, sans réagir... j'ai regardé... mon homme... aller dans le lac, buter contre une pierre et s'étaler de tout son long...
J'ai cru que j'allais jamais pouvoir continuer la visite... il est sorti, penaud, dégoulinant... marmonnant sans cesse un "it's ok, I am fine, it's ok" à nos hôtes déconcertés... j'en avais les larmes aux yeux, j'arrivais même pas à l'aider à tordre son jean... faut dire que la veille au soir, nous étions allés au pub avec eux et qu'il avait vomi sa bière, en sortant... c'était un vrai festival... ce week-end en amoureux... ah vraiment, je ne m'ennuie pas avec lui...

Et c'est ça, la clé... s'aimer en sachant qu'on va avoir le sourire aux lèvres toute sa vie... tant l'autre ne se prend pas au sérieux et vous offre chaque jour son lot de naturel... de fous rires...
J'aime mon homme tel qu'il est...
Je pense qu'il ne veut pas que je change quoique ce soit à ceci ou cela...
Il me l'a dit...
Je ne veux pas qu'il change non plus...
Surtout pas...

vendredi 29 février 2008

Kate


Alors avant de commencer, je tiens à dire que ce billet est dépourvu d'un quelconque intérêt existentiel... c'est du "vent", de la pensée digne d'une glandouilleuse en vacances (de qui elle parle??? ah oui...de moi...)... juste une constatation... qui ne changera pas la face du monde... mais alors, pas du tout... mais que j'ai envie de vous faire partager... quand même...

J'aurais dû m'appeler Kate (Attention, c'est moi qui le dis)... c'est pas que ma mère ait hésité entre Véronique et Kate, non non... pensez-bien qu'en 1969, on faisait pas une liste de prénoms masculins et féminins dès le test de grossesse positif, posé sur la table de cuisine devant chéri... encore pas remis de la nouvelle... non, non... ça c'est typique des nouveaux parents... ceux de l'An 2000...
Non, ma mère, elle a dû choisir mon prénom la veille de ma naissance, où l'avant-veille... elle m'a même dit qu'elle aimait bien Christine aussi (mais bon y avait déjà Christian, mon frère, pas très original tout ça)... vas-y donc pour Véronique, elle s'est dit... roule ma poule... c'est dans le livret de famille... Personnellement, je n'aime pas mon prénom... il est trop long... On le diminue forçément... en Véro... donc si j'avais dû en avoir un directement en 4 lettres, j'aurais aimé Kate... voilà pour le raisonnement tordu... ça va, vous êtes toujours là????

C'est vrai quoi, j'ai constaté que toutes les "femmes publiques" que j'admire s'appellent Kate, c'est fou ça, non??? (là je vous sens renversés par ma révélation...)

Bon y en a une avec laquelle je vous gonfle depuis la création de mon blog... je le sais... j'assume et je persiste... j'adore Kate Bush!!!!!!! Voilà, c'est dit et re-dit...

Mais bon que dire des autres comme....

Cate Blanchett (elle est australienne... on écrit Cate comme ça là-bas????)... que j'admire et que je trouve très belle, touchante, simple... bref j'aime son côté fragile et sa beauté de porcelaine...

Kate Winslet, autre actrice que j'aime énormément... bien sûr, j'ai vu Titanic, mais elle ne se limite pas à cela... que faites-vous de "raisons et sentiments", "Jude", "Eternal sunshine of the spotless mind" ou "The holiday"???? hein, alors, vous en dites quoi de cette Kate là????

Kate Moss : Certainement la top-model que je trouve/trouvais la plus belle... vraiment... j'ai jamais encensé Claudia, j'sais pas, c'est comme ça... Carla non plus (qui ça???)... Cindy (Crawford voyons!) encore moins... non, Monica oui, mais elle est devenue actrice, grand bien lui en fasse... donc voilà... à part Kate... j'ai jamais été d'une jalousie féroce envers toutes ces brindilles... non.. jamais...

Kate de "Lost": bah oui, celle-là elle s'appelle pas Kate en vrai mais moi je m'en tape, c'est celle qu'elle est dans Lost que j'aime... c'est comme ça... (et puis Evangeline Lilly, à part Lost, elle a fait quoi????)... non vraiment, j'aime ce genre de beauté sauvageonne... cheveux longs et épais, teint halé, yeux verts... vraiment belle la fille... même avec sa fausse sueur et sa fausse crasse... ouais... trop sensuelle la naufragée...

Catherine, ma copine d'enfance : celle-là, c'est celle dont je suis la plus fière... si si... c'est mon amie, je la connais depuis mes sept ans... on a fait toute notre scolarité ensemble... sauf au lycée, elle était scientifique, moi littéraire... elle est un modèle de gentillesse et de réussite pour moi... elle vit au Méxique, à Guadalajara... elle est archéologue... c'est quelqu'un de bien...

Voilà, les Kate de ma vie... intéressant non???
C'était juste un truc que je voulais dire, cette coïncidence du prénom...
J'espère que vous tiendrez compte de l'importance de l'information que je viens de vous livrer...
Non, non franchement... c'est hyper personnel, vous vous rendez pas compte...
Même que je me demande si je vais la publier, cette info, tiens!!!!!

jeudi 28 février 2008

Amy Winehouse


J'ai promis d'en parler, à lui, le petit fan qui parle tout le temps d'elle... de l'autre côté de l'océan... Je me suis dit, pourquoi pas???? Amy Winehouse, moi je n'en connais que le titre ci-dessus... ce qui est, je le sais, une vue très limitée de son talent... oui, oui, je n'ai pas succombé à sa jolie voix... je n'ai pas mis le tube dans mon MP3, non... moi je suis une nana qui écoute son MP3 en se faisant un maximum de films dans sa tête... qui décharge sa journée de stress sous les mots thérapeutiques d'une Kate... qui passe son aspiro en se dandinant sous les vibrations de Timbaland (dans le MP3 car si je mets un CD, je l'entends pas avec mon aspiro dyson hyper bruyant même que le type qui l'a conçu, il a oublié que les femmes elles font le ménage avec de la musique, m'enfin tout de même, m'sieur Dyson, vous passez jamais l'aspiro ou quoi????...)
Donc je disais, je ne connais qu'UNE seule chanson d'Amy Winehouse.... juste une toute petite chanson... même que je connaissais même pas le tître avant de la trouver sur daily motion... là y a cinq minutes.... mais bon promis je vais écouter les autres chansons... euh, elle a en fait d'autres??????????????????????

Bon par contre, je connais son actu people. Bah oui. Je regarde le petit journal de Yann Barthès sur canal+... grand casseur de première... Britney et Tokio Hotel peuvent se vanter de passer chaque soir dans le 24 secondes... si si... pas loin... donc j'ai su, pour Amy, qu'elle avait eu quelques soucis avec la drogue....
C'est moche. je l'ai su avant de me pencher sur son talent. J'aurais bien aimé qu'elle attende un peu avant de sombrer. Histoire que j'ai le temps de l'apprécier à sa juste valeur. car après tout, est-elle la seule popstar à mettre le nez dans la poudre, hein, honnêtement????
Non, mais bon, elle a pas eu de bol... tout le monde l'a su....
Ceci dit, moi je m'en tape de ce qu'elle fait avec son nez... non vraiment... je m'en tape complètement...
J'aimerais donc, si ce n'est pas trop demander (!!!), que tous mes chers acolytes lecteurs de chez l'alcolo qui ont fait un billet sur la belle, éclairent mes lanternes sur la discographie de cette brune plantureuse... Merci déjà à la Félée, qui a fait un condensé bien sympa sur la jeune chanteuse... excellent... Et aussi à mon homme, fidèle à lui-même...
Sinon, je m'adresse à vous, mes lecteurs...vous connaissez Amy Winehouse????
Vous pouvez me dire si elle va mieux, combien d'albums elle a fait, d'où elle vient, etc... parce que je suis vraiment dans le brouillard là!!!!!???????
Allez, je vais aller m'écouter un petit truc bien vieillot, mais toujours digeste, avant de mettre le steak dans la poële et de brancher la friteuse.... un petit Dépêche Mode, tiens, genre "Enjoy the silence", histoire de me sortir de ma torpeur, là, avec la nuit qui tombe....
Ca fait du bien, ça fait de mal à personne.. en tout cas pas à moi....
Vous connaissez Dépêche Mode au moins????
Non parce je voudrais pas paraître "hasbeen", tout de même, déjà que je connais pas Amy Winehouse, ça commence à ternir mon image là... non mais!!!!!!

Les mamies




Nous en avons deux. Ma maman et la maman de Jean-Phi. Elles vivent à 850 kilomètres de distance l'une de l'autre, ont toutes deux la soixantaine, ont toutes deux le même amour commun pour nos trois filles....

Elles se connaissent, s'apprécient, et ont pris part à des vacances estivales avec nous (plus on est de fous, plus on rit!).... les filles étaient petites, elles étaient des mamies encore jeunes... nous "avons ouvert la marche" avec les petits-enfants... les "gagatisant" en premier... essuyant ainsi les premiers émois de grand-parents qui prendraient presque notre place de parents, tant ils sont plein d'amour pour leur descendance.... Pour Julie, c'était un défilé permanent, devant cette blondinette jolie qui prenait très à coeur son rôle d'ainée des petits enfants (rôle que Julie joue encore!!!)... chaque biberon était sollicité, chaque couche à changer était un honneur, chaque sourire était exclusif et enjoleur.... chaque "arrheu" était merveilleux... Quand on a vingt-cinq ans, comme c'était mon cas, lors de la naissance de mon premier bébé, on passe d'une sollicitude infinie pour ces chères mamies "gateuses" à un sentiment d'étouffement et d'expropriation pur et simple de son enfant... c'est normal... le besoin de se sentir aimée de son bébé est permanent, viscéral... on pense qu'il va nous confondre avec la mamie et nous bouder, nous ignorer, à jamais... On devrait nous dire avant l'accouchement que ces petits bébés dodus grandissent vite, et ne confondent jamais... ils savent, dès leur premier souffle, que vous êtes leur maman... que c'est vous, l'élu de leur coeur... il faut vieillir pour le comprendre... et entendre son enfant vous dire qu'il vous aime-vous adore-et ne vous quittera jamais-oh non jamais!!!!!.... pour être rassurée... être mère à 100%... et heureuse d'avoir des mamies aussi proches de leurs petits-enfants....

Les mamies ont des soucis... en ce moment. Le temps passe et des fois, des caps sont difficiles à passer. On vous annonce la pré-retraite, on vous promet que cela vous permettra de mieux profiter, de voyager, de vous lancer dans des combats associatifs... mais c'est sans compter sur les problèmes de santé qui se pointent alors que du temps où vous étiez en activité, rien ne vous tombait dessus... rien...

Ma maman a eu un AVC, ma belle-maman une pancréatite... alors qu'elles étaient encore dans la cinquantaine... bien en forme...
De ces "coups de la vie", elles sont ressorties différentes... affaiblies, sujètes à la déprime... où à l'inverse, elles sont des fois très exaltées, incontrôlables, hyper-actives... comme si l'entre-deux, la normalité, avaient donné place à deux comportements extrêmes... De plus, la gestion de la ménopause se greffe par là-dessus, éreintante... bref... rien de très facile à vivre... alors qu'elles avaient du temps devant elle... plein de temps.... et plein de projets en tête...
Ma maman est venue passer Noël ici cette année... elle a beaucoup dormi... n'a mis le nez dehors qu'une fois, et n'a eu goût à rien...
Ma belle-maman a eu une fin d'année mouvementée, suite à l'hospitalisation d'un de ses petits-fils pour un pneumocoque... elle s'est beaucoup donnée... Hier nous avons pris la journée pour aller lui rendre visite dans le Gers... où elle est hospitalisée pour passage dépressif, crises d'angoisse...
Si on m'avait prédit cela, à la naissance de Julie, et à celles de mes deux autres filles, j'aurais aimé leur donner chaque biberon à faire... chaque couche à changer... chaque sourire à regarder...
Si j'avais su que ma maman deviendrait quelqu'un d'autre suite à son AVC en 2001, et perdrait toute la combativité dont elle avait fait preuve toute sa vie, j'aurais sans doute choisi de ne jamais quitté Le Havre, de ne jamais devenir fonctionnaire... déménageant tous les 4 matins, pour une soit-disante sécurité de l'emploi que je n'ai même plus ... si j'avais su...
Je n'aime pas les regrets... je ne veux pas en avoir... je mène ma vie tambours battants... je pense être une oisive, j'aime la vie plus que tout... mais je ne supporte pas que quelqu'un que j'aime plus que tout reste sur le carreau... là... loin de moi...
Ma maman m'a dit une fois au téléphone... il y a deux ans de cela... que ce serait plus facile d'avaler la boîte de médicaments toute entière, celle prescrite pour son cholestérol, pour ne plus être dans cet état végétatif... celui qui la met à plat régulièrement, qui l'énerve tant... elle pleurait... me disait que de toute façon, elle n'avait jamais eu de chance dans sa vie... juste un répit entre ses trente-cinq ans, jour où elle a quitté mon père, et ses cinquante-cinq ans, jour de son AVC... que c'était court vingt ans de bonheur, pour toute une vie... qu'elle savait qu'elle n'en aurait pas plus maintenant, de belles années... elle a raccroché, déterminée à en finir, et m'a laissée avec mon impuissance, à 750km d'elle, complètement paniquée, prête à taper dans le mur et à me demander pourquoi cette femme si merveilleuse avait eu cette saloperie d'AVC...
Elle m'a dit un jour, qu'elle pensait que cet AVC découlait des années de violence conjugale qu'elle avait subi... qu'il avait grandi en elle, toutes ces années... pour éclater un jour, sournoisement... comme une tumeur qui s'infiltre lors d'un drame de la vie... attend... et s'annonce à vous un beau jour... alors que vous remontez tout juste la pente...
La vie ne pardonne rien...
Elle sait rappeler à l'ordre, tout le temps....

J'ai regardé ma belle-maman hier, en prenant l'air dans le petit jardin devant l'hopital où elle réside... elle était assise autour d'une table de jardin, la brise sur les joues, le regard pensif... les lèvres contractées par les anti-dépresseurs... j'ai pensé à la mienne, qui avait eu le même regard vide deux mois avant... je me suis demandée à quel moment, il faut avoir conscience qu'on est dans la meilleure partie de sa vie... à quel moment, il faut concrétiser son rêve le plus fou car après ce sera trop tard... à quel moment, il fait prendre le temps de vivre à fond car tout peut s'arrêter du jour au lendemain...
Je me suis demandée si je leur disais assez combien je les aimais... à toutes les deux...
J'ai pris ma belle-maman dans les bras avant de partir et je lui ai dit que je l'aimais...
J'ai appelé ma maman juste avant qu'on parte dans le Gers, la veille au soir, et je lui ai dit combien je l'aimais...

Le paysage du Gers, le trajet en voiture, ont eu un effet thérapeutique sur moi...
J'aime me "vider" la tête, me laisser aller, quand je suis passagère en voiture...
Je suis rentrée fatiguée mais toujours aussi persuadée que ce que je vis avec mes enfants chaque jour est un moment qui ne reviendra pas...
Je suis persuadée que les mamies auront encore plein de moments à partager avec mes filles...
Elles vont s'en sortir... je le sais...
J'ai confiance en la vie... j'ai confiance....

mardi 26 février 2008

Quand il pleut...

... faut bien s'occuper... à l'intérieur. Bon, je sais, y a des millions de possibilités de s'occuper. Dedans. Surtout quand on est au grand complet (nous 5)... en vacances... emplis de l'envie commune de prendre le repos qui nous échappe le reste du temps...
Nous sommes assez simples. Dans notre façon d'être. Et ce depuis toujours. Il fait beau : on largue tout et on va prendre l'air, en famille. Il fait moche : on végète tard le matin, on déjeune en discutant longuement, on prend le temps de répondre au téléphone dès 10h étalé sur le canapé (alors que d'habitude on laisse le répondeur ou on tient le combiné coincé entre l'épaule et l'oreille, affairé à cuisiner en même temps, à vider les courses, à faire des signes despérérés à sa fille là-haut qui appelle "maman????????????" depuis un quart d'heure sans même voir qu'on gére dix mille trucs à la fois...).... c'est bien les vacances à la maison... aussi... surtout quand on fait passer la vie familiale avant tout... et qu'on ne reporte rien au lendemain... jamais... des fois qu'il n'y est pas de lendemain??????

Donc aujourd'hui, pluie. Ce qui veut dire finir le "coup de jeune " de la cuisine... bah oui... je vais encore vous faire un "avant-après" bien kitsch... mais, bon, c'est mon blog, je fais ce que je veux. Na.

Nous avons fait avec les moyens du bord (comprenez budget limité car jamais de quoi foncer chez Ikea ou Castorama pour s'offrir le kit complet tout beau, tout neuf... bah non, y a toujours autre chose qui flanche avant... genre le frigo ou le four... hautement nécessaires... la voiture a vidangé... l'appareil dentaire de Julie a payé... les voyages scolaires de neige a réglé... bref, vous voyez quoi... les répits financiers sont inexistants...)... donc on a opté pour l'huile de coude... enfin, surtout mon chéri... car moi, je supervise beaucoup (!!!)... avec pour excuse en béton ; je-fais-le-repas-et-je-gère-les-filles-pendant-ce-temps-mon-amour!!!!!... ça le fait bien... surtout le "mon amour" au bout... si si... vous devriez essayer....

Revenons au sujet... à la cuisine...
On a gardé toute la structure, caissons, disposition, etc...
Les frais ont été minimes... vraiment... beaucoup de bricoles , de peinture, de laminé, de paniers...
Mais trois fois rien au bout du compte....
J'envisage de poncer et peindre mes chaises... j'en sais rien... de les peindre en couleur bien sûr... fidèle à moi-même... je sais pas... j'hésite... j'ai acheté la peinture "laque"... elle attend dans mon garage... bien sagement...

Bon allez, je file. Suffit pas d'en parler de la cuisine, faut s'en servir aussi. J'ai des bouches à nourrir...
Promis je ne vous embête plus avec ma déco... sinon vous allez trouver ça lourdingue, à force...
Et puis Julie a reproduit notre maison en version Sims... elle vous concocte une visite guidée... pas si loin de la réalité...
Demain si le temps le permet, on va aller voir papy et mamie... dans le département voisin..
Changement de décor...

Avant:
Après:

lundi 25 février 2008

Les Sims

Je suppose que vous connaissez ce jeu? Allez, réfléchissez bien... vous les avez déjà vus quelque part... forçément... voyons, tout de même, je parle des Sims bien sûr!!!!
Julie est accro depuis ses huit ans... allant au gré de l'évolution du jeu... passant des fois par des dérivés comme Second life, Albatros... se jetant des jours à corps perdu dans des batailles effrénées sur Wow, avec son père et ses soeurs... mais elle finit toujours par revenir à ses Sims chéris....
Hier elle a passé son après-midi à refaire notre maison, pièce par pièce, à se dire qu'elle ferait bien une vidéo de ce qu'elle a envie qu'on fasse en famille pendant les vacances scolaires (non, pitié, pas la patinoire!!!!!!!!!!!!)... et voilà le résultat obtenu....
Nous sommes bien sûr tous représentés, Jean-Phi, moi, Julie, Manon et Zoé... même la chienne...
Je tiens à rectifier le tir, j'ai un pyjama bien moins sexy quand je me lève!!!! et je suis bien moins jeune que ma Sim!!!! (mais bon, tout est sorti de l'esprit de ma fille, c'est glorifiant!!!!)
Autre précision, Julie aime le Gothic Lolita mais ne se balade pas en froufrou et porte-jarretelles!!!
Jean-Phi a des lunettes, normalement... comme quoi Julie n'y fait même plus attention!!!!
Voilà...
C'est donc Nous, à travers les yeux de mon ado de treize ans...
Elle a mis une chanson que j'aime beaucoup en fond sonore... "Dare"... de Gorillaz...
C'est sa première ébauche...
Je pense qu'elle nous mettra d'autres fois en scène.... ici... plus tard...
C'est un essai....
C'est parti mon kiki:


dimanche 24 février 2008

Ailleurs...



Quand j'étais adolescente, je voulais partir ailleurs. C'était une constante, une obsession. Je crois que j'avais une soif de compenser le statisme et la noirceur des premières années de ma vie par une mobilité géographique colorée, lointaine et ensoleillée...


Ma mère y croyait à moitié et espérait bien le contraire. Elle se disait que de toute façon, je resterais au Havre, comme tout le monde, travaillerais sur le port dans une quelconque compagnie maritime, comme tout le monde, et fonderais une famille avec un normand du coin, comme tout le monde....
Je n'ai pas fait comme tout le monde.
Le "normand du coin" avec qui j'ai fondé une famille est légèrement natif d'Agen....
Je ne travaille pas dans une compagnie maritime mais dans une administration qui me laisse suivre gentiment mon conjoint au gré de ses mutations... pour le moment...
Je ne vis pas au Havre, mais à Bordeaux...

Côté exotisme et éloignement, y a pire... (pour ma mère)... ou mieux (pour moi)....
Mais c'est déjà très bien... j'aime cette région... il y fait bon vivre, on y mange bien, le climat est plus agréable que celui de ma Normandie natale... rien à voir....
Si je m'étais écoutée, si je n'avais pas cédé aux pleurs de ma mère qui ne voulait pas que je parte vivre loin... je serais loin...
Déjà enfant, j'avais dans l'idée de faire un métier dans le tourisme... j'ai fait des "études" (bien grand mot, juste deux ans après le bac...) dites linguistiques et commerciales... au cas où...
Interprète me tentait bien... accompagner, voyager... peut-être était-ce un peu idéalisé, dans ma tête de petite étudiante qui n'était jamais allée ailleurs en vacances qu'à Etretat, Sainte-Mère-Eglise ou Quimper... en tout cas, j'y croyais ferme...
Mais ça ne s'est pas fait...
Une cousine éloignée à moi est rentrée G-O au club Med, est partie travaillée au Sénégal, et je ne sais où... il a suffi qu'on se revoit lors d'un mariage pour qu'elle me fasse comprendre que sa vie, c'était "Les bronzés" en bien moins rigolo... pour que j'aterrisse un peu de mon nuage touristique... et prenne une toute autre direction, plus nourricière et stable... que vous connaissez déjà...

En dépit du fait que je sois partie du Havre pour travailler à Paris (ville que j'aime mais franchement pas exotique), je suis restée à rêver d'ailleurs... bien longtemps... comme si je n'avais pas dit mon dernier mot... comme si tout cela n'était qu'une parenthèse dans ma vie... le temps de me marier, de faire des bébés... et après, on remet ça... on repense à ailleurs...
Pour patienter, j'ai eu la chance de pouvoir voyager un peu, pour calmer mes ardeurs... nos salaires de petits boulots, en plus d'être étudiants, nous ont permis à Jean-Phi et moi, d'aller en Tunisie, une semaine... en avril 1990... c'était l"euphorie... j'avais l'impression de partir à l'autre bout du monde... loin... et pourtant... c'était tout près...
Nous en gardons un souvenir ému et si c'était à refaire, on serait plus dégourdis... c'est sûr... nous avions tout juste vingt ans....

Puis nous sommes partis travailler à Paris, tous les deux, nos affectations en poche... nous avons profité deux ans de notre liberté de couple sans enfants, de la capitale et de ses atouts... et nous sommes partis quinze jours aux Canaries en octobre 1992... loin de la grisaille et des embouteillages... tout heureux...
C'était un très beau voyage. Nous en gardons un merveilleux souvenir... Ténérife est une très belle île. Nous avions loué une voiture et avons visité tout, de long en large et en travers... Notre hotel était situé à Los Cristianos, près de la Playa de las Americas... c'était très beau, les murs blancs, la mer d'azur, les fleurs colorées, la piscine d'eau de mer... nous gardons un très beau souvenir de la journée à chercher Nasca, perchée tout là-haut, à visiter Puerto de la Cruz, à grimper au volcan (El Teide)... j'aimerais beaucoup y retourner, et voir Lanzarote... un jour...

Nous nous sommes mariés en août 1993, un 28... je me souviens que cette décision a été prise sur une plage de sable de Ténérife... j'étais allongée comme une crêpe, après un bon bain de mer, mon Jean-Phi à mes côtés... entre deux phrases anodines, j'ai proposé... "tiens si on se mariait???"... "bah oui, tiens, t'as raison...on se marie"... Jean-Phi et moi n'avons jamais rien fait dans le romantisme et l'inattendu... c'était une continuité logique... pas une nécessité religieuse puisque nous ne nous sommes pas mariés à l'église... non... c'était juste... quelque chose qu'on avait envie d'offrir à nos deux familles, à nos amis... une vraie fête...

Ce mariage est encore présent dans beaucoup de mémoires. Et je suis toujours émue de revoir les oncles, les tantes, les cousines, m'en parler avec nostalgie et bonheur. C'était une merveilleuse journée... trop courte... mais mémorable...
Nous n'avions pas fait de liste de mariage... nous voulions juste une chose... partir... loin... ailleurs...
Nous avons eu de quoi nous offrir deux billets d'avions aller-retour pour la Thaïlande...départ début octobre 1993... un mois de vacances loin de tout... avec juste nos deux sacs à dos, le minimum en vêtements, notre guide du routard et notre "anglais" niveau étudiant pour s'expliquer sur place... il n'a servi à rien... ou très peu... dès la sortie de l'aéroport à Bangkok, nous avons compris que nous avions sous-estimé l'ampleur de la tâche... se débrouiller seuls et sillonner la Thaïlande en un mois... c'était bien plus ardu que prévu... je me revois dans le petit train entre l'aéroport et le centre de Bangkok, à regarder le paysage, à écouter la langue mélodieuse des thaïlandais assis à mes côtés... j'ai commencé à me dire que ma vision de l'exotisme que j'avais enfant était un peu idéalisée, européannisée et totalement puérile... j'ai regardé mon homme avec un sourire complice qui voulait dire "je crois qu'on est dans une sacrée galère, mon chéri"... Nous sommes descendus du train, sous une chaleur écrasante, souillés par une poussière constante... nous devions trouvé la gare des bus et filer vers la rivière Kwaï, première étape de notre itinéraire fait sur un bout de papier... nous avons tenté de demander des renseignements à des thaïlandais affairés dans le brouhaha de leur stand de bouffe... les marchés sont si nombreux là-bas... on trouve à manger à chaque coin de rue... personne ne nous comprenait... nous avons sorti nos cartes, avons tenté trois mots d'anglais... un rick-shaw est arrivé, de suite, commandé par un type du marché qui avait réussi à capter trois mots de nos bafouilles desespérées... avant cela, il a fallu boire un peu... et manger... une petite mamie thaï nous a donné quelques nems et une soupe... je la revois parfaitement, toute petite, adorable, assise sur un truc branlant, les pieds trempant dans une cuvette d'eau... elle nous a donné à manger, nous avons souri quand elle a sorti des feuilles de salade de la fameuse cuvette pour les mettre autour des nems... tout allait être sous le signe du dépaysement, de la surprise, de la convivialité, de la peur aussi, pendant un mois... à aller du Nord au Sud... avec trois fois rien en poche... mais heureux...
Ce fut un voyage hors du commun...
Tant de choses se sont passées sur place...
Jamais nous ne pourrons refaire le même périple...
Et puis la plage que nous aimions tant à Koh Phi Phi, a été dévastée par le tsunami...
Nous avons découvert cela, comme tout le monde, un jour, assis sur notre canapé... bouche bée...

La vie étant ce qu'elle est, pleine de moments inattendus, nous avons continué notre périple de petits globe trotters un beau jour d'août 2003...
Depuis l'arrivée des filles, nos vacances se résumaient à l'hexagone... nous avions fait la côte d'azur, vers Hyères et Toulon, Cassis, inoubliable... le Lubéron, magnifique... l'Ardèche, où ma meilleure amie vit, fief affectif pour moi... Strasbourg, l'Alsace, très joli... la Bretagne, du nord au sud, deuxième patrie... puisque nous avons de la famille là-bas... Les Pyrénées, les Landes, tout près... jusqu'au moment où nous avons repassé la frontière pour se prélasser dans le doux paysage de la Catalogne, chère à mon coeur... la France a de quoi satisfaire, malgré tout, tant les paysages sont divers... j'aime mon pays... beaucoup.... c'est en voyageant un peu qu'on le découvre...
Je disais donc qu'en 2003, une opportunité est arrivée... incroyable, inespérée, gigantesque...
Nous étions invités au mariage du cousin de Jean-Phi, parti vivre aux Etats-Unis depuis déjà quelques années... et ce, à Portland, dans le Maine...
Le premier réflexe, raisonnable, résigné, financier, fut de décliner l'invitation...
Mais c'était sans compter sur l'acharnement de mes beaux-parents, bien déterminés à ne pas faire seuls le voyage, et à ne pas nous laisser en France...
Nous sommes partis quinze jours... le début du séjour commençait à New York... ville fantastique... que j'ai adoré... trois jours de première étape... nous avions échoué dans un hotel du West Side (101e et West End)... complètement débarqués de notre échelle européenne... largués sur un grand boulevard... immense... le décalage horaire n'aidait pas à se sentir d'attaque... les buildings me donnaient déjà le vertige alors que je ne levais que la tête...endolorie... il fallait presque me pincer pour que je réalise où j'étais... Zoé tétouillait frénétiquement l'oreille de son doudou dans sa poussette, encore ornée des étiquettes de l'aéroport... Julie était euphorique, comme en terrain connu... Manon nous demandait "C'est quand qu'on retourne dans l'avion, c'était trop bien dans les nuages!!!!!"....

Je voulais tout sauf retourner dans l'avion... non pas que j'y avais eu peur, j'avais beaucoup dormi... nous avions fait notre déménagement de Rouen au Havre 48h avant, j'étais sur les rotules... non, je voulais me nourrir de cette terre américaine, que je ne pensais jamais fouler un jour... profiter de cette chance qui m'était offerte... parler enfin anglais, langue que j'avais apprise avec ferveur, et qui restait au stade de souvenir.... la plupart du temps..
L'émotion devant Ground Zero a été silencieuse et pleine de questionnement... comme si je doutais presque d'être pile à l'endroit que j'avais vu s'effondrer depuis mon salon, un 11 septembre, au milieu d'un après-midi parisien ensoleillé, semblable à un autre..
Nous avons loué une voiture familiale, il fallait y rentrer à 7, bagages compris...
Nous avons parcouru l'état de New York... ce serait long et probablement ennuyeux pour vous de tout vous raconter... et j'ai une très mauvaise mémoire des noms de ville... Jean-Phi a fait cela très bien, sur son blog, ici.... c'était merveilleux, gigantesque... irréel des fois...
Je peux affirmer aujourd'hui que c'est le plus beau voyage de ma vie...
Je ne sais pas si j'y retournerai un jour mais j'y compte fermement...
L'espoir fait vivre...
Et puis franchement, si je devais vous dire à quoi je rêvais quand j'étais enfermée dans ma chambre, petite, à vérifier les battements de coeur de ma maman, dans la pièce voisine... si je devais vous dire que je rêvais juste d'avoir un soir de ma vie sans cris et pleurs... un soir où il ferait bon manger autour de la table de la cuisine, avec mes parents et mon frère, à se raconter notre journée d'école, à rire, à s'écouter... à s'aimer... si je devais vous dire que la chance de ma vie a été de croiser un jour celui que j'aime aujourd'hui... si je devais vous dire que j'ai une hargne et un côté impulsif bien difficile encore à freiner aujourd'hui... que diriez-vous????
Vous diriez que la roue tourne...
Que l'enfance n'est pas indélébile... qu'elle ne colle pas à la peau...
Que tout peut changer...
Qu'il faut se donner les moyens de le faire, d'y arriver... chaque jour...

Mon passé fait partie de moi... et sa noirceur a permis de me pousser vers un optimisme que je suis contente de posséder chaque jour...
J'espère qu'il se ressent dans mes mots, malgré les retours en arrière... l'alcoolisme ne m'a pas emportée avec mon père... la prématurité de Manon ne m'a pas mise à terre... l'encoprésie de Zoé est juste là pour me "maintenir" à la maison, encore un peu plus, pour rattraper l'enfance que je n'ai pas eue, au travers celle de mes filles...
Sinon je serais encore à courir après je ne sais quoi... je le sais... je serais ailleurs qu'ici...
A rattraper le temps perdu.... peut-être..